Nous avons décidé de nous lancer dans la récupération des eaux pluviales, ceci pour deux raisons, premièrement parce que l'eau de pluie est gratuite et qu'elle est très agréable à utiliser (eau douce) et deuxièmement car nous n'avons pas de fossé pour rejeter les eaux de pluie. Etant donné que la perméabilité de notre terrain n'est pas excellente c'est un moyen de ne pas être embêté avec cette arrivée d'eau dans notre terrain.

Il ne faut pas perdre de vue également l'aspect écologique de la chose, d'ailleurs nos grands parents ou arrières grands parents ne pratiquaient-ils pas à leur époque la récupération d'eau de pluie pour la lessive, la vaisselle...etc

Dans notre projet nous avons prévu une cuve d'une capacité de 10 000 litres afin de pouvoir utiliser l'eau douce toute l'année et ce même en cas de sécheresse temporaire (oui je sais on parle rarement de sécheresse dans le Pas de Calais mais quand même, 2003 n'est pas si loin !).

On utilisera la récupération d'eau pour toute la maison, toilettes, sanitaire, arrosage. On mettra cependant un second robinet indépendant alimenté en eau froide "eau de ville" dans la cuisine pour la partie alimentaire. Notre système de filtration nous permettra de consommer cette eau de pluie mais le fait de ne pouvoir l'analyser régulièrement nous laisse un petit peu perplexe, donc on ne préfère pas prendre de risque à ce niveau.

C'est donc fin septembre que le début des travaux a commencé :

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C'est la grue qui a ouvert les hostilités afin de décaisser le terrain.

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Il faut surveiller la profondeur du trou car la cuve ne doit être recouverte que d'une cinquantaine de centimètres de terre donc il s'agit pas de trop l'enterrer.

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Une fois le trou creusé, on a déposé du sable de remblais dans le fond afin que la cuve soit posée de "niveau".

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1er avertissement ! il ne va pas falloir tarder à descendre la cuve dans le fond au risque de voir le trou rebouché en quelques secondes...Ca tombe bien c'est à ce moment qu'arrive la grue de relevage pour descendre le "bébé" au fond.

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La grue de relevage de 50 tonnes en train de se positionner.

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La cuve est soulevée, son poids est de 5 tonnes environ.

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Le grutier a déposé la cuve comme nous on pourrait déposer une boîte d'allumettes, on l'a juste guidé pour la positionner au centre du trou, trop facile !

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Dans la foulée on a creusé la tranchée pour enfouir deux gaines, une de diamètre 90 pour passer le tuyau d'aspiration et une seconde de diamètre 40 pour passer le cable de la sonde de capacité de cuve qui permettra de connaître le pourcentage de remplissage de la cuve.

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En fin de journée, j'ai effectué un raccordement provisoire pour que la cuve se remplisse dès les premières pluies, ceci pour éviter qu'elle ne remonte sous la pression de la terre gorgée d'eau et afin d'avoir une réserve d'eau disponible pour les plâtreries et autres nettoyages...

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Un mois plus tard, on a continué les hostilités en creusant un puit d'infiltration pour le trop plein de la cuve.

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On a déposé dans un premier temps une vingtaine de tonnes de gros cailloux.

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Puis dans un second temps une bonne dizaine de tonnes de déchets de blocs et de briques, en espérant que tout cela soit suffisant pour accueillir le trop plein de la cuve.

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A noter qu'en sortie de cuve on a fabriqué un siphon maison avec 4 coudes à 90° pour éviter d'éventuelles remontées d'odeur à l'intérieur de la cuve.

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Le tuyau de trop plein (lequel a été lacéré à la tronçonneuse afin d'agir comme un drain) a été protégé avec des blocs de part et d'autre ainsi qu'au dessus. Un géotextile viendra recouvrir l'ensemble avant de remettre la terre végétale.

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Au dessus de chaque regard de la cuve on a scellé des réhausses de 50 cm de large avec un cordon de mastic étanche à l'eau. Un petit cimentage au pied de la réhausse est prévu pour solidifier l'ensemble.

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les réhausses ont été tronçonnées afin que les cadres en fonte hydraulique soient à fleur du terrain après le remblais en terre végétale.

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En guise de préfiltration, nous avons opté pour un fitre en béton vibré d'une contenance de 230 litres, positionné en amont de la cuve. La filtration sera assurée par du pousolane et un filtre en mousse (on y reviendra lors de la mise en service...). Des trous de diamètres 105 mm ont été perçés à la caroteuse en entrée et sortie de filtre pour raccorder les PVC de 100 mm.

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C'est fait, le préfiltre est raccordé aux regards de goutières ! Une plaque en béton vibré avec un regard de 40x40 est prévue pour recouvrir le dessus mais pour une question de pratique (poids et taille du regard notamment) on ferra fabriquer une plaque en alu aux dimensions du filtre.

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C'est terminé également en ce qui concerne la pose des réhausses et le raccordement entre la cuve et le préfiltre. On remarque en arrière plan le puit d'infiltration dédié au trop plein de la cuve.

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Vue sur l'ensemble de l'installation.

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Quelques jours plus tard, la grue recouvre l'ensemble de terre végétale.

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Voilà le regard principal. Le PVC de 100 mm va être prolongé avec un coude 90° puis une longueur descendant jusque 20 cm au fond de la cuve afin d'avoir une arrivée d'eau "calme" et ainsi éviter d'avoir une eau "trouble". Les deux autres gaines serviront à l'aspiration (diam 90) et à la sonde de capacité (diam 40).

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Voici le préfiltre, rempli d'eau mais pas encore en fonction avec les filtres prévus. L'ensemble (cuve + préfiltre) sera vidé et nettoyé avant la mise en service officielle.

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Chose promise chose due voici l'installation et la mise en service définitive de la cuve, avec dans un premier temps un nettoyage des goutières, puis l'installation de filtres au niveau des descentes de goutières comme on peut le voir sur cette photo afin de retenir les plus grosses impuretés (feuilles, brindilles...). J'ai utilisé en guise de filtre une maille en plastique rigide.

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C'est au tour du préfiltre de recevoir son système de filtration, à savoir un lit de roche volcanique au fond du bac (pousolane)

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sur lequel repose une mousse de filtration (utilisée pour des bassins aquatiques) qui a pour but d'affiner la filtration et ainsi éviter l'encrassement de la cuve située en aval.

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Nous voici maintenant au fond de la cuve, où l'on peut apercevoir sur cette photo le tuyau PVC de diamètre 100 qui descend jusqu'au fond afin d'avoir une arrivée d'eau "calme" pour éviter les remous (valable notamment quand la cuve commence à s'encrasser, cela évite le bouillon de culture). On remarque également deux fils (rouge et blanc) installés pour la sonde de capacité qui permettra de connaître le niveau de remplissage de la cuve. En haut de l'image on distingue le tuyau d'aspiration entrant par le regard.

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Le tuyau d'aspiration de diamètre 32 fixé sur la partie supérieure de la cuve avec ensuite un raccord laiton ou est raccordé un kit d'aspiration.

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Le kit d'aspiration en question comprend une crépine flottante avec clapet anti retour. L'intérêt de la crépine flottante est d'aspirer en permanence l'eau la plus propre possible c'est à dire environ 10 cm sous le niveau de l'eau.

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Vue au dessus du regard où l'on aperçoit notamment le boîtier transducteur de la sonde de capacité ainsi que l'arrivée des gaines dédiées à l'aspiration de la cuve et à la sonde.

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Passons aux chosses sérieuses ! avec le détail de l'installation située dans le garage concernant le surpresseur et le système de filtration.

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En gros plan le surpresseur Grundfos JP6 équipé d'un Presscontrol pour un fonctionnement automatique : mise en route et arrêt automatique de la pompe dès ouverture ou fermeture du robinet et protection contre le fonctionnement à sec. En second plan on aperçoit le disconnecteur qui permet de ne pas poluer le réseau d'eau de ville (le clapet anti retour n'étant plus reconnu par le service des eaux).

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Au disconnecteur vient se raccorder un siphon pour une évacuation dans les eaux usées (ne pas oublier de le prévoir lors de la conception de la dalle).

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Référence du disconnecteur Watts.

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Le système de filtration : l'eau aspirée par le surpresseur passe dans un premier temps par trois filtres, un filtre lavable 60µ (microns) et un filtre bobiné 25µ servant à retenir les impuretés et un filtre à charbon actif 10µ dont le rôle est d'enlever toute odeur.

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Après avoir circulé dans les filtres, l'eau passe devant une lampe U.V. dont le rôle est d'anéantir les bactéries présentes dans l'eau. La lampe est à changer toute les 7500 heures (le cadran noir sur l' U.V. est un compteur, ce qui en simplifie le suivi).

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L'eau est ensuite stockée dans le réservoir tampon de 200 litres. Elle est en fait poussée par le surpresseur qui se coupe dès que la pression atteint 4,5 bars. Ce réservoir évite au surpresseur de se mette en marche systématiquement dès que l'on puise une petite quantité d'eau.

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Enfin voici le boîtier de la sonde de capacité : il indique que la cuve est remplie à 23%.

La boucle est maintenant bouclée, il ne reste plus qu'à utiliser cette eau douce qui sera distribuée dans tout le réseau sanitaire de la maison, y compris la cuisine ( nota : un robinet d'eau de ville viendra en complément dans la cuisine pour l'utilisation d'eau potable).

Avec ce système, l'eau est en théorie potabilisée, mais faute d'analyse régulière nous préférerons l'eau de ville pour la boisson afin de ne pas prendre de risque. Il faut savoir qu'une installation comme celle ci demande un peu de maintenance si l'on veut que tout fonctionne bien (nettoyage des regards de goutières, du préfiltre, des filtres...) mais se laver à l'eau douce est un bien être paraît-il, réponse prochainement...

En espérant avoir éclairé celles et ceux qui sont tentés par la récupération des eaux pluviales.